LE GESTE ET LA MATIÈRE
Artistes

Tanguy Kan
Kitikong Tilokwattanotai

Dates

du 6 au 25 octobre 2026.
tous les jours de 13h00 à 19h00 et sur rendez-vous.
Dimanche de 15h à 18h.
Fermeture les lundis.

Vernissage le jeudi 8 octobre à partir de 18h00.

Lieu

4 rue des Guillemites
75004 Paris
Galerie Cecilia F.

Métros :
Hôtel de Ville (M1)
Pont Marie (M7)
Châtelet

Presse

Le Geste et la Matière

L’exposition Le Geste et la Matière présente les œuvres de Kitikong Tilokwattanotai et Tanguy Kan, artistes dont les pratiques, bien que distinctes, s’articulent autour d’une réappropriation contemporaine de techniques ancestrales. À travers leurs peintures, le geste se fait trace, et la matière, langage. Nourris par des héritages culturels profonds, leurs peintures explorent l’abstraction comme un espace où l’émotion, la mémoire et la texture se rencontrent.
Kitikong et Tanguy ne réinventent pas les matériaux : ils les réinterprètent. Leurs œuvres, à la fois tactiles et visuelles, transforment des savoir-faire traditionnels en expressions modernes, où chaque touche, chaque superposition, raconte une histoire à la fois intime et universelle.

Kitikong Tilokwattanotai : énergie organique et héritage calligraphique
Artiste thaïlandais, Kitikong Tilokwattanotai s’inscrit dans la continuité des techniques traditionnelles de son pays pour créer des œuvres abstraites. Ses acryliques et laques sur papier artisanal ainsi que ses huiles sur aplats de tamarin, s’appuient sur des savoir-faire historiques.
La colle de graines de tamarin, mise en œuvre depuis des siècles dans les fresques murales des temples bouddhistes du Nord de la Thaïlande, servait de liant naturel pour fixer les pigments et les feuilles d’or. La laque, matériau largement utilisée dans l’Artisanat et l’Art en Asie, se métamorphose en révélateur de la texture du papier et en intensificateur chromatique des pigments.

Dans son travail, Kitikong ne se contente pas de perpétuer ces techniques : il les façonne avec une énergie organique, inspirée par ses émotions. Ses compositions, où les couleurs vives se superposent en strates dynamiques, évoquent une nature en mouvement, à la limite du végétal et du minéral. L’influence de la calligraphie transparaît dans ses gestes : chaque trait, chaque aplat, semble porter en lui une forme de rythme écrit, comme une chorégraphie entre contrôle et spontanéité. La dimension tactile de ses œuvres joue un rôle central : l’irrégularité du papier artisanal combinée à la luminosité de la laque, ses coups de pinceaux sur les aplats de tamarin, invitent le spectateur à une exploration à la fois visuelle et sensitive.

Tanguy Kan : poésie des paysages et mémoire de la cire.
Tanguy Kan, d’origine vietnamienne et installé dans le Perche, puise son inspiration dans les paysages et la poésie, tout en ancrant son travail dans une émotion profonde. Sa technique de prédilection, la peinture à la cire saponifiée sur bois, s’inscrit dans une tradition historique : cette matière, déjà utilisée dans les icônes et miniatures chrétiennes des siècles passés, a été explorée par des artistes comme M. Bachelier au XVIIIe siècle, ainsi qu’en témoigne Diderot dans L’histoire et le secret de la peinture à la cire (1755). La cire, malléable et résistante, permet des jeux de transparence, de profondeur et de lumière, tout en conservant une texture riche et sensorielle.

Chez Tanguy, le geste occupe une place centrale. Ses œuvres, souvent épurées, jouent sur les contrastes entre lignes dynamiques et aplats de couleurs douces, comme une écriture visuelle où chaque trace est une mémoire en mouvement. La cire saponifiée, par sa faculté à capturer la lumière et à créer des effets de voilage, devient le support idéal pour exprimer cette poésie des paysages intérieurs. Son travail, à la frontière entre imaginaire et matérialité, abstraction et figuration, évoque des horizons, des souvenirs de terre et de ciel, où l’émotion se mêle à la matière pour offrir une expérience visuelle mais aussi tactile.